Reverse mentoring : et si vous misiez sur le mentorat inversé ?

Dernière mise à jour : 3 mai


Reverse mentoring : et si vous misiez sur le mentorat inversé ?

Mettez-vous en place du mentorat au sein de votre entreprise ? Englobant du tutorat, du coaching, de l’enseignement et du conseil, cette pratique entre dans le cadre du transfert de connaissances. Elle consiste à demander à un collaborateur d’accompagner la formation, la progression et l’adaptation d’un de ses collègues sur un sujet précis. En interne, ce sont souvent des personnes expérimentées qui aident les novices à monter en compétences. Et c’est très efficace ! Mais depuis quelque temps, une autre approche émerge : le reverse mentoring. Concrètement, on switch les rôles pour demander aux plus jeunes de guider leurs aînés. C’est notamment le cas dans le domaine digital où les nouvelles générations sont bien plus à l’aise que les précédentes. Alors, qu’attendez-vous pour essayer ? Et si vous misiez aujourd’hui sur cette tendance de mentorat inversé ?

Qu’est-ce que le reverse mentoring ?

Dans le monde professionnel, le mentorat traditionnel est descendant. On demande à un senior de prendre un junior sous son aile pour l’encadrer, le guider et lui transmettre des savoirs qui l’aideront à progresser. À la fin des années 90, Jack Welch change les règles du jeu et modifie profondément la culture du mentorat en entreprise. L’homme d’affaires américain est alors à la tête de General Electric. La révolution internet commence, mais Welch est dépassé par cet outil qui bouscule les habitudes de l’époque. Il remarque également que ses employés expérimentés possèdent les mêmes lacunes que lui. Observateur, il comprend en revanche très vite que la nouvelle génération de collaborateurs maîtrise parfaitement l’univers du Web et s’adapte sans problème aux technologies novatrices. Face à ce constat, il décide alors de mettre en binôme des juniors et des seniors. La particularité de son approche ? Les maîtres jedi deviennent padawan et vice-versa ! Ici, ce sont les plus jeunes du duo qui doivent former leurs aînés pour que ces derniers montent en compétences sur les pratiques digitales en plein essor.

Vous l’avez compris : l’inversion des rôles habituels a donné naissance au reverse mentoring. Aujourd’hui, le mentorat inversé s’est répandu dans les organisations privées et publiques. Les membres des générations Y et Z sont davantage sollicités pour accompagner leurs collègues issus des générations X et baby-boomers. C’est devenu une démarche d’apprentissage collaboratif en vogue, car humainement et professionnellement enrichissante pour chaque partie. Désormais, on considère que même si un jeune salarié n’a pas autant d’expérience qu’un senior, il a des aptitudes à transmettre. Il faut donc faire en sorte qu’il puisse les enseigner aux plus anciens. Mais l’initiation, le transfert de connaissances et le coaching ascendant effectués par un millennial ou un digital native ne se limitent pas à l’environnement numérique. Selon l’entreprise et le profil des employés, d’autres domaines peuvent très bien être concernés par cette méthode de formation audacieuse.

Quels sont les bénéfices du mentorat inversé ?

Mettre en place un système de mentorat inversé est avantageux pour le jeune mentor, pour le senior mentoré, mais également pour l’entreprise. Levons donc immédiatement le voile sur l’ensemble des bénéfices qui peuvent découler de cette pratique ascendante de transfert de connaissances.

Les bénéfices du reverse mentoring pour le jeune mentor

Grâce au reverse mentoring, les jeunes collaborateurs ont la possibilité d’occuper un rôle habituellement réservé aux employés expérimentés. Et c’est extrêmement valorisant pour eux ! En leur confiant une mission d’enseignement ou de coaching auprès de leurs aînés, on leur envoie le message que ce n’est pas leur âge qui définit leur capacité à prendre le lead. En ce sens, le mentorat inversé permet de responsabiliser les juniors, mais également de renforcer plusieurs soft skills comme le sens de la pédagogie, la communication, la confiance en soi ou encore l’adaptabilité. Au final, un novice gagne rapidement en maturité et peut révéler son potentiel en devenant mentor.

L’autre bénéfice majeur, c’est qu’en passant du temps au contact de cadres ou de collègues chevronnés, le jeune formateur va tisser des liens avec ces derniers. En plus de se créer un réseau, il va donc apprendre plusieurs pratiques utiles dans le cadre de son travail, appréhender certains codes du monde professionnel, comprendre les spécificités liées à son entreprise et emmagasiner des connaissances bien plus vite que s’il n’avait pas été au cœur du reverse mentoring. Tout cela va contribuer à son évolution et lui servir d’accélérateur de carrière.

Les bénéfices du reverse mentoring pour le senior mentoré

En participant à l’expérience du reverse mentoring, un senior va en retirer un bénéfice direct évident : il va monter en compétences grâce à son jeune mentor et pourra utiliser ses nouvelles capacités pour être plus performant au travail. Le fait d’être en binôme avec une personne de son entreprise est par ailleurs avantageux, car cela permet de développer une relation d’accompagnement à long terme et de pouvoir solliciter son mentor à tout moment pour obtenir des conseils.

Les bénéfices du reverse mentoring pour le senior mentoré

Par exemple, si l’objet du mentorat inversé porte sur des pratiques numériques, le mentoré va éventuellement apprendre à utiliser certains réseaux sociaux, à se former à distance, à créer du contenu en ligne, etc. Mais avec un univers digital qui évolue sans cesse, on sait à l’avance que ce qui est vrai actuellement sera probablement obsolète dans quelques années. Il faut donc s’adapter en continu. D’où l’intérêt pour les plus anciens d’avoir à disposition un mentor qui suit les innovations technologiques et l’aide à s’acclimater aux différents changements en gardant le rythme.

Enfin, n’oublions pas que le reverse mentoring est une pratique collaborative qui crée de la proximité. Elle permet donc aussi une meilleure acculturation aux codes des plus jeunes. Les générations Y, Z et bientôt Alpha s’expriment à leur manière, possèdent des valeurs particulières, n’ont pas les mêmes attentes que leurs aînés, etc. Au contact d’elles, un senior appréhende une nouvelle façon de communiquer et de fonctionner en entreprise. Ces informations sur les besoins et les habitudes des plus jeunes lui permettront alors d’adapter son management pour être plus en phase avec la réalité d’aujourd’hui.

Les bénéfices du reverse mentoring pour l’entreprise

Les collaborateurs concernés par le reverse mentoring ne sont pas les seuls à en retirer des bénéfices. L’entreprise qui met en place ce mode de transfert de connaissances ascendant y trouve aussi largement son compte. Tout d’abord, sans même parler de formation, la construction de binômes junior/senior provoque au minimum du dialogue entre novices et expérimentés. Cette connexion décloisonne, ouvre l’esprit de chacun et réduit le fossé entre jeunes et anciens. En faisant tomber la barrière de l’âge, le mentorat inversé renforce donc les relations intergénérationnelles. À long terme, les effets observés sont une communication plus fluide, des salariés plus engagés pour le groupe, une cohésion d’équipe plus forte et une dynamique collaborative au top. Avec de tels changements, les performances collectives et individuelles sont forcément meilleures. Les résultats s’en ressentent alors positivement.

D’autre part, même si le reverse mentoring ne se résume pas au digital, c’est bien dans ce domaine que les générations Y et Z ont le plus à apprendre à leurs aînés. Mettre à niveau les seniors en ce qui concerne l’usage des nouvelles technologies se traduit par une transformation numérique accélérée et mieux acceptée. La conséquence directe, c’est qu’il devient plus simple de répondre aux attentes de clients, utilisateurs et consommateurs impatients qui en ont marre des procédures archaïques et qui veulent des services modernes, efficaces et rapides. Enfin, parmi les bienfaits du mentorat inversé, nous pouvons aussi noter :

  • une minimisation des coûts de formation puisque l’on fait appel à ses propres employés pour enseigner ;

  • un renfort de la culture d’apprentissage et de la transmission du savoir en interne ;

  • une détection plus facile des talents que possèdent les jeunes salariés ;

  • une marque employeur solidifiée, une meilleure capacité de fidélisation et une attractivité qui rayonne grâce à une image d’entreprise valorisant la jeunesse, mais surtout l’intergénérationnel.

Comment mettre en place le reverse mentoring en interne ?

Sur le papier, le reverse mentoring est une belle idée. Néanmoins, faire collaborer des membres de générations différentes est un challenge de taille. C’est d’ailleurs encore plus vrai lorsque l’on inverse les rôles pour demander à un novice de former un senior. Comment s’y prendre pour mettre en place une stratégie de mentorat inversé qui fonctionne ? Explications.

Comprendre les besoins des seniors pour optimiser le reverse mentoring

Comme lorsque l’on crée un produit ou un service, le meilleur moyen de ne pas se planter dans son approche, c’est de partir des attentes de l’utilisateur final pour être certain de répondre à son besoin. Avant même de mettre en place un plan de reverse mentoring au sein de votre entreprise, vous devez donc expliquer aux salariés expérimentés de quoi il s’agit, puis les sonder pour savoir ce qu’ils pensent de cette pratique et ce qu’ils en attendent concrètement. Grâce aux informations obtenues, vous pourrez définir les contours d’un mentorat inversé qui colle avec la vision des seniors. Sujets abordés, durée de l’expérience, manière de procéder, etc. : les règles du jeu seront claires. En établissant ce cadre de confiance, les plus anciens mettront leur éventuel égo de côté et feront preuve d’humilité pour pouvoir évoluer. Ils oublieront le fameux « ce n'est pas ce gamin qui va m’apprendre comment faire mon travail » et auront moins de réticence à se faire accompagner par des juniors.

Comprendre les besoins des seniors pour optimiser le reverse mentoring

Préparer les jeunes volontaires pour en faire d’excellents mentors

Comme dans toute mission d’enseignement : posséder des connaissances c’est très bien… mais savoir les transmettre c’est encore mieux ! Et justement, c’est sur ce dernier point qu’il faut être vigilant lorsque l’on met en place le reverse mentoring en entreprise. Devenir mentor implique d’être capable d’expliquer… tout en s’adaptant à son interlocuteur. Il y a ainsi une part de pédagogie et une autre de psychologie. C’est en maîtrisant et en équilibrant ces deux éléments que l’on maximise les chances de succès d’un accompagnement. Avec le choc des générations, le défi est d’autant plus compliqué pour un junior qui se retrouve à coacher un senior. Il faut donc le préparer pour qu’il s’y prenne correctement. Cela passe par lui expliquer les attentes des plus anciens par rapport au mentorat inversé, le former pour en faire un excellent mentor, mais également l’aider à construire un programme structuré, efficace et abordable.

Former les binômes intelligemment et mesurer l’efficacité du mentorat inversé

Vos salariés expérimentés sont dans le bon état d’esprit pour être accompagnés par leurs cadets ? Vos jeunes mentors sont fin prêts à transmettre leur savoir à leurs aînés ? Très bien ! N’oubliez pas que le mentorat inversé ne doit pas être imposé. Pour fonctionner, il faut que les participants soient volontaires. Mais une autre question se pose : comment composer de bons binômes junior/senior ? Si vous voulez former des duos efficaces, commencez simplement par faire correspondre l’offre et la demande. Un jeune qui possède une compétence qu’un ancien souhaite acquérir, c’est bien sûr le premier critère !

Il en faut néanmoins un peu plus pour aboutir à un match parfait. Le mentor doit répondre aux attentes de son disciple en matière de disponibilité, de pédagogie et de psychologie. Intéressez-vous donc également au profil humain de chacun pour construire des couples intergénérationnels qui sauront nouer une solide relation collaborative. Évidemment, vous ne pourrez jamais être certain à 100 % de la compatibilité entre les personnes. C’est pourquoi il est primordial d’observer l’évolution de l’apprentissage, de débriefer pour mesurer les progrès accomplis et d’ajuster la stratégie de reverse mentoring si nécessaire.

Reverse mentoring : le mot de la fin

Cet article vous a donné envie de tester le reverse mentoring au sein de votre entreprise ? Avant de passer à l’action, voici un ultime conseil : pour donner une chance au mentorat inversé de prospérer en interne, cultivez au quotidien la bienveillance, le respect d’autrui, la confiance entre collègues et la communication. Mettez en place un cadre où l’on accepte le feedback constructif et où l’on valorise l’apprentissage continu. Si vous souhaitez approfondir ces sujets, n’hésitez pas à nous contacter. En tant qu’expert de la formation managériale, Moortgat saura vous accompagner. À ce propos, notre module sur l’intergénérationnel pourrait vous intéresser !

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