Équité au travail : tout comprendre pour appliquer le principe de justice sociale en entreprise

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Vos collaborateurs ont-ils l’impression d’être traités à leur juste valeur lorsqu’ils se comparent à leurs semblables ? Si des salariés placés dans une situation identique ressentent une inégalité de traitement, interrogez-vous vivement sur l’équité au travail. Bénéfique pour la marque employeur, ce principe est avant tout un pilier de l’épanouissement et du bien-être professionnels. Le moindre sentiment d’iniquité peut en effet créer du stress, de la fatigue, de l’usure émotionnelle, de la frustration, des jalousies, des plaintes et de nombreuses autres réactions aussi bien nuisibles à l’individu qu’à l’organisation. Envie d’en savoir plus pour appliquer des mesures proactives de justice sociale en interne ? Lisez attentivement cet article complet sur le sujet ! 

Qu’est-ce que l’équité au travail ? 

L’équité au travail est un principe de justice sociale en entreprise. Elle se définit comme le fait d’accorder la même valeur, les mêmes avantages et les mêmes opportunités à tous les collaborateurs dont la contribution est similaire. Reposant sur l’égalité des chances, cette notion exclut les discriminations salariales ou autres liés aux attributs personnels (sexe, âge, origines, croyances, opinions, handicaps, aspect physique, orientation sexuelle, etc.). Au quotidien, ce traitement équitable s’applique dans le cadre :  

  • du recrutement ; 
  • de la rémunération ; 
  • des conditions de travail ; 
  • de la formation ; 
  • de l’évolution de carrière ; 
  • du rapport hiérarchique ; 
  • etc. 

Selon la théorie de l’équité développée par le psychologue américain John Stacey Adams, les employés regardent sans cesse combien ils sont payés et comparent leur situation salariale à celle d’autres individus. Ceux-ci peuvent être des collègues (équité interne) ou des travailleurs exerçant leur activité ailleurs (équité externe). Après analyse, chacun établit un ratio personnel entre sa contribution (efforts, compétences, rendement, expérience, etc.) et la rétribution accordée par son employeur. Si ce ratio est estimé comme étant proche de celui des autres, la situation sera jugée équitable et sans discrimination salariale. Dans le cas contraire, une iniquité positive (en sa faveur) ou négative (en sa défaveur) sera ressentie.  

Établie par Jerald Greenberg, la théorie de la justice organisationnelle est venue préciser que la perception de l’équité au travail est un peu plus complexe. Elle reposerait finalement sur la rémunération, les procédures internes et le traitement interpersonnel. On parlera alors des trois dimensions suivantes :  

  1. la justice distributive ; 
  1. la justice procédurale ;  
  1. la justice interactionnelle. 

De ce fait, autoriser le télétravail ou le temps partiel à seulement certains collaborateurs pourrait être considéré comme de l’iniquité pour ceux qui se voient refuser ces droits, alors qu’ils occupent un poste avec des responsabilités similaires. 

Égalité vs équité : quelles différences entre les deux notions ? 

 

«L’équité est un principe de justice distributive alors que l’égalité est un principe de justice commutative». 

Aristote 

Par définition, l’égalité au travail est l’absence de discrimination entre les personnes salariées dans la même entreprise. Les droits et les devoirs sont identiques pour l’ensemble des collaborateurs. Comme on ne fait aucune différence entre les individus, on parle alors d’égalité de traitement. La plupart du temps, le droit du travail, les conventions collectives et les règlements internes permettent d’assurer avec objectivité ce principe d’approche identique pour tous. Par exemple, selon le Code du travail, un employeur (secteur privé ou secteur public) est tenu de garantir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur égale. Il ne doit pas y avoir d’écart de rémunération fondée sur le sexe. Un emploi à prédominance féminine ne peut donc pas être sous-évalué s’il nécessite les mêmes efforts et apporte une valeur équivalente à l’entreprise qu’une fonction à prédominance masculine. 

Visant à faire respecter la justice sociale, l’équité au travail est plus subjective que l’égalité professionnelle, mais relève toujours du bon sens. C’est un état d’esprit impartial qui permet de faire preuve d’adaptabilité et de flexibilité, sans donner une impression de favoritisme. Plus qu’assurer une non-discrimination et éradiquer toute différence de traitement, son but est surtout de réduire les écarts entre les gens. Il va ainsi se concentrer sur les besoins individuels pour essayer de mettre tout le monde au même niveau. En ce sens, le fameux « à travail égal, salaire égal » ne fonctionne pas forcément si l’on applique la justice organisationnelle. Par exemple, on estime généralement qu’une personne travaillant la nuit ou les week-ends consent à plus de sacrifices. Elle sera donc mieux payée que ses collègues qui occupent la même fonction en journée durant une semaine classique de 5 jours ouvrés. Cette meilleure rémunération  sera  perçue comme équitable et ainsi mieux acceptée par tous. 

Pourquoi faut-il garantir le principe d’équité au travail ? 

Pour un salarié, le manque d’équité professionnelle est synonyme d’absence de reconnaissance et de considération au travail. À l’inverse, le sentiment de justice organisationnelle crée généralement de la satisfaction. Il est absolument nécessaire de garantir ce principe en interne car la perception de l’équité au sein de l’entreprise va jouer sur trois éléments qui favorisent la performance, l’innovation et la croissance : la santé des collaborateurs, le comportement des employés et l’image de la société. 

Défendre l’équité au travail pour préserver la santé des collaborateurs 

Le manque d’équité au travail est fatigant à supporter pour les collaborateurs. Cela peut avoir des conséquences dommageables pour leur santé physique et mentale. De ce fait, en instaurant une politique de justice sociale dans votre entreprise, vous protégerez vos salariés :  

  • du stress ; 
  • de l’anxiété ; 
  • des crises d’angoisse ; 
  • du burn-out ; 
  • de la dépression ; 
  • de l’épuisement corporel ; 
  • des risques de blessures ; 
  • des accidents cardiovasculaires ;  

 

Il faut prévenir la multiplication des pathologies de détresse psychologique ou de troubles physiques au sein de vos équipes, au risque de handicaper toute l’organisation. 

Combattre l’iniquité au travail pour éviter des comportements nuisibles au bon climat social 

L’équité en entreprise est essentielle pour maintenir les employés satisfaits, motivés et engagés. À l’inverse, ne pas prendre en compte ce besoin de justice sociale peut alimenter la jalousie, entraîner  la démobilisation et installer un climat tendu en interne. Pour rétablir l’équilibre face au sentiment d’injustice, les collaborateurs qui se sentent frustrés et défavorisés risquent ainsi d’adopter des comportements nuisibles, sournois et contre-productifs. Pour tenter de reprendre l’avantage, ils vont par exemple : 

  • éterniser leurs pauses ; 
  • multiplier les absences ; 
  • se mettre en démission silencieuse ; 
  • choisir l’individualisme plutôt que le collectif ; 
  • se plaindre auprès d’un délégué syndical ; 
  • monter des actions de rébellion ; 
  • faire de la rétention d’informations ; 
  • éviter d’aider certains collègues ; 
  • devenir désagréable, voire violent ; 
  • pratiquer le harcèlement moral envers les privilégiés ; 
  • etc. 

Le désengagement va également les pousser à rechercher activement un nouvel emploi. Bref, il est important de combattre l’iniquité au travail pour réduire le turnover et empêcher les attitudes de sabotage pouvant peser négativement sur l’entreprise.  

Instaurer la justice organisationnelle pour renforcer la bonne image de l’entreprise 

Aujourd’hui, pouvoir évoluer au sein d’une entreprise équitable est un critère décisif au moment d’accepter un poste. Les nouvelles générations sont en effet extrêmement attachées à la notion d’équité au travail. Par ailleurs, les clients, les partenaires et toutes les parties prenantes font aussi preuve de vigilance par rapport au respect de ce principe, avant d’accorder leur confiance. De ce fait, instaurer la justice organisationnelle en interne renforce automatiquement l’image de la société en externe et contribue positivement au développement de la marque employeur. Cette bonne notoriété permet alors de prendre un avantage concurrentiel en matière d’attraction des talents, de fidélisation des employés et de compétitivité. 

Comment instaurer une justice sociale au sein de son entreprise ? 

Instaurer l’équité au travail est une problématique de management à prendre au sérieux pour garantir le bon fonctionnement de votre entreprise. La justice organisationnelle est néanmoins un concept multidimensionnel. Pour la mettre en place correctement et durablement, voici donc les 4 principaux aspects que vous devrez optimiser dans votre plan d’action. 

  1. Équité au recrutement 

Lors de vos processus d’embauche, n’utilisez jamais de critères discriminatoires. Pour garantir l’équité au recrutement, sélectionnez les candidats en vous appuyant sur des raisons objectives comme les compétences (hard skills, soft skills, mad skills), les résultats passés, la projection sur le poste, la motivation lors de l’entretien, l’attitude générale, etc. 

  1. Équité sur le lieu de travail

Soyez neutres lorsque vous prenez des décisions concernant l’organisation du travail, les perspectives d’évolution, l’accès à certains avantages, la résolution d’un conflit, l’acceptation des congés, etc. Au moment de trancher, laissez vos biais personnels de côté pour faire preuve de parité. Un choix équitable se fonde toujours sur des informations exactes et non des préjugés. Toute justification doit donc sembler impartiale. 

  1. Équité salariale

Pour assurer l’équité salariale, mettez-vous à la place de vos collaborateurs et faites preuve de bon sens pour ajuster en fonction. Afin d’évaluer la justice distributive, ces derniers regarderont si leur rétribution globale (salaire + primes + avantages) est cohérente par rapport à :  

  • leur profil général (qualification, responsabilités, performance, ancienneté, etc.) ; 
  • ce que gagnent leurs collègues comparables ; 
  • la rémunération moyenne proposée par la concurrence. 
  1. Équité relationnelle

Dans vos échanges avec vos collaborateurs, traitez chacun avec le même respect et la même courtoisie. En matière de communication, soyez aussi juste dans la transmission d’informations et donnez un sentiment d’inclusion. Les minorités ne doivent pas être mises de côté. Enfin, l’équité relationnelle comprend également un équilibre dans le soutien accordé aux salariés pour résoudre un problème, être plus efficace au travail, se sentir mieux dans l’entreprise, etc. 

Équité au travail : le mot de la fin 

Grâce à cet article, vous en savez beaucoup plus sur l’équité au travail et son application en entreprise. Néanmoins, gardez en tête que la justice organisationnelle est une culture à inculquer durablement. Elle doit venir de la hiérarchie, se consolider en formant les managers et se diffuser dans l’esprit des collaborateurs. Vous voulez monter en compétences sur ce sujet ? Contactez-nous ! Les experts de Moortgat se feront une joie de vous accompagner. 

 

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