Mad skills : et si vous misiez sur les compétences atypiques ?


Mad skills : et si vous misiez sur les compétences atypiques ?

Êtes-vous vraiment sûr de prendre tous les éléments en compte lorsque vous recrutez une personne pour un poste ou accordez une promotion à un collaborateur ? Beaucoup vous le diront : le b. a-ba pour éviter les erreurs de casting, c’est de bien s’assurer que les compétences techniques et comportementales de la personne missionnée sont en adéquation avec les responsabilités confiées. Mais, que feriez-vous si vous lisiez sur un CV des informations comme conseiller municipal, joueur amateur d’e-sport, membre d’une association de défense des animaux, tour du monde pendant un an ou n’importe quelle autre activité qui sort de l’ordinaire ? Bien qu’elles soient déconnectées de l’univers professionnel, ces occupations personnelles peuvent cacher des mad skills. Venue tout droit de la Silicon Valley, où les start-up recherchent des esprits décalés et atypiques pour innover, cette notion fait référence aux compétences folles ou originales pouvant apporter une réelle valeur ajoutée à l’entreprise. Aujourd’hui, ces fameuses mad skills prennent de plus en plus d’importance aux côtés des indéboulonnables hard skills et soft skills. Alors, qu’attendez-vous pour miser dessus ?

Qu’est-ce que les mad skills ?

En français, le terme anglophone mad skills se traduit littéralement par « compétences folles ». De plus en plus utilisée par les recruteurs, cette expression désigne donc les facultés exceptionnelles, voire hors-norme, permettant à un individu de se démarquer des autres. Sortes de talents cachés, ces super capacités décalées révèlent des traits de caractère pratiquement introuvables ailleurs et confèrent un côté singulier au candidat qui en possède. Comme tout ce qui est spécial, précieux, original et non conformiste, les mad skills génèrent de la curiosité et sont très recherchées sur le marché du travail.

Lorsqu’elles sont bien adaptées au contexte professionnel, ces ressources peu conventionnelles, voire pas du tout académiques, apportent un petit grain de folie et deviennent de véritables forces. Convoitées par les entreprises, ces aptitudes rares et hors du commun peuvent s’acquérir via la pratique d’une activité sportive, créative, associative, etc. Elles viennent aussi parfois d’une passion insolite, d’une expérience personnelle (voyage, épreuve de vie, etc.) ou d’un parcours professionnel qui sort des sentiers battus. Lors d’un recrutement, elles donnent ainsi plus de poids aux parties « centres d’intérêt », « hobbies » ou « autres expériences » que l’on retrouve sur les CV.

Mad skills : quelles différences avec les hard skills et les soft skills ?

Parmi la palette de compétences d’un individu, il y a tout d’abord les hard skills. Acquises grâce au cursus académique, à l’expérience professionnelle, à diverses formations ou à un apprentissage autodidacte, ce sont des savoir-faire précis et techniques. Des exemples ? Maîtriser Excel, parler anglais, être capable de gérer un projet, etc. Viennent ensuite les soft skills. Plus transversales, celles-ci sont davantage liées au comportement, à l’état d’esprit et au savoir-être. Quelques illustrations ? L’autonomie, la faculté d’adaptation, le sens de l’écoute ou encore la patience.

Si les hard skills se démarquent facilement des autres aptitudes, la frontière est fine entre soft skills et mad skills. Alors, quelles différences entre les deux ? En fait, les secondes sont le prolongement des premières. Une sorte de bonus exceptionnel ! Ce qui les rend si particulières, c’est leur côté pointu et extrêmement rare. Elles sont poussées à un niveau tellement remarquable que l’on peut presque parler de compétences uniques et inimitables. Pour mieux illustrer cela, prenons l’exemple de quelqu’un qui pratique un sport collectif depuis longtemps. Il possède sûrement un excellent esprit d’équipe. C’est une soft skill intéressante, mais ce n’est pas hors du commun.

Maintenant, imaginez que le même individu est aussi arbitre le week-end lors de compétitions amateurs. Grâce à cette activité particulière, il est probable qu’il ait une aisance supérieure à la moyenne pour prendre des décisions rapides et équitables malgré la pression extérieure. Ce qui en fait une mad skill, c’est l’association avec son expérience de joueur dans une équipe. Cette combinaison lui permet d’avoir une connaissance précise de ce que l’on ressent quand on subit un jugement frustrant. Lorsqu’il doit trancher de manière juste et expliquer ses choix avec tact, il est donc capable de se mettre à la place des autres et de donner son verdict avec assertivité comme très peu de personnes savent le faire. En transférant cette faculté dans le monde professionnel, on peut aisément le visualiser sur un poste à responsabilités qui demande de manager des collaborateurs ou de coordonner un projet.

Pourquoi miser sur les compétences folles au sein de son entreprise ?

Prenons encore un exemple. Vous recherchez un ingénieur commercial pour développer votre business sur le marché sud-américain. Si vous recevez un CV qui indique une solide expérience en vente et négociation dans votre secteur d’activité, ainsi qu’une maîtrise de l’espagnol et du portugais, les cases essentielles sont cochées en ce qui concerne les hard skills. Si lors de l’entretien d’embauche, vous validez la capacité d’adaptation et le sens de la communication du candidat reçu, vous avez d’excellentes softs skills.

Pourquoi miser sur les compétences folles au sein de son entreprise ?

Maintenant, imaginons qu’un de vos salariés montre de l’intérêt pour le poste. Ce dernier n’a pas le profil type qui matche à 100 %. Il a commencé sa carrière comme chargé de recrutement. Sa capacité à débusquer des talents rares lui a rapidement permis de devenir chasseur de têtes. Il a ensuite été consultant RH, avant que vous ne l’embauchiez comme responsable marketing RH. Il a réalisé une partie de ses études en Espagne et s’intéresse vivement à la culture latino-américaine. Même s’il lui manque une expérience significative en commerce, il dispose de mad skills remarquables pour supporter les responsabilités du poste à pourvoir :

  1. il excelle pour sentir les bons coups et les opportunités (ex-chasseur de tête) ;

  2. il sait vendre une idée et promouvoir son entreprise avec brio (finalité du marketing RH) ;

  3. il s’adapte facilement à de nouveaux contextes (parcours professionnel varié + expérience à l’étranger) ;

  4. il dispose d’une affinité précieuse avec les pays hispanophones et lusophones.

Toutes ces qualités démontrent exactement pourquoi il faut miser sur les mad skills en complément des hard skills et des softs skills. Si vous ne vous penchez pas sur les profils atypiques et ne prêtez pas attention aux expériences originales, vous pouvez passer à côté d’une personne capable de penser out-of-the-box. C’est-à-dire quelqu’un de non formaté qui vous apporte une énorme valeur ajoutée grâce à son ouverture d’esprit, ses idées rafraîchissantes, sa faculté à détecter des signaux faibles ou encore son aptitude à comprendre très vite les changements à adopter.

Finalement, lire entre les lignes et faire confiance aux compétences folles, est se donner l’occasion de renforcer l’intelligence collective, sortir du moule pour innover et faire grandir l’entreprise. En période de crise, avoir des collaborateurs visionnaires qui savent voir au-delà des schémas cloisonnés et étriqués, c’est également essentiel pour anticiper, traverser le déluge avec agilité et rebondir. Bref, les approches inédites, inventives et créatives qui découlent des mad skills favorisent la résilience organisationnelle.

Recrutement, gestion des compétences et organisation du travail : 3 révolutions à mener en interne avec l’avènement des mad skills

Sur le papier, les mad skills sont super enthousiasmantes. Cependant, ces qualités folles ne sont pas sans conséquence pour l’entreprise qui mise dessus. Elles impliquent une révolution sur trois plans : le recrutement, la gestion des compétences et l’organisation du travail.

Réinventer ses méthodes de recrutement pour détecter les mad skills des candidats

En plus d’être rares, les mad skills sont cachées. Pour identifier ces capacités folles lors des recrutements, il faut savoir lire entre les lignes. Et tout commence par revoir l’analyse des CV. Après avoir fait le point sur les compétences acquises via la formation et le parcours professionnel, accordez ainsi plus d’importance aux centres d’intérêt, aux hobbies et aux expériences personnelles. Avec un peu de recul sur les éléments mentionnés dans ces rubriques, vous pourriez y découvrir des indices sur d’éventuelles qualités atypiques. D’autre part, jetez un œil attentif aux lettres de motivation. Elles peuvent contenir des renseignements détaillés concernant les mad skills. Maintenant, ne vous avancez pas trop ! Une activité extraprofessionnelle ne garantit absolument pas l’existence d’une compétence hors du commun. C’est seulement en entretien que vous pourrez confirmer votre intuition.

Dans ce sens, prévoyez des questions ciblées sur les mad skills et demandez aux candidats de faire le lien avec le poste à pourvoir. Écoutez activement les réponses données pour comprendre comment ces personnes adapteraient leurs aptitudes à leur futur travail. Afin de jauger les potentiels, certaines entreprises cassent d’ailleurs les codes en provoquant des mises en situation innovantes ou en gamifiant leurs processus de recrutement. C’est ce que l’on appelle le « recrutainement ». Concours, escape game, hackathon, etc. : les formats possibles sont variés. Soyez toutefois vigilant. Même si l’originalité des compétences est tendance, ce n’est pas une nouvelle norme, mais un bonus exceptionnel. Gardez toujours à l’esprit que la combinaison gagnante reste hard skills - soft skills - mad skills.


Optimiser la gestion des compétences pour réveiller le potentiel fou de ses collaborateurs

Pour trouver des compétences folles, pertinentes et utiles, vous n’avez pas forcément besoin de recruter de nouveaux salariés. Le capital humain de votre société comprend sûrement des collaborateurs qui possèdent des mad skills à votre insu. Afin de les identifier, vous devez donc optimiser votre gestion des compétences. En général, deux cas de figure peuvent vous empêcher de détecter le potentiel exceptionnel d’un ou plusieurs salariés. Dans la première situation, les qualités atypiques sont mises sur pause. Personne n’y fait attention, donc impossible de les exploiter. Ici, la solution est un changement de mentalité. Il faut inculquer une culture de la compétence originale en interne. Si tout le monde devient plus ouvert d’esprit à ce sujet, il sera plus facile d’apprécier et d’activer les mad skills au sein de votre entreprise.

Optimiser la gestion des compétences pour réveiller le potentiel fou de ses collaborateurs

Dans la seconde situation, les facultés exceptionnelles n’ont pas encore éclos. Elles existent, mais sont enfouies. Pour les réveiller, vous pouvez miser sur des formations en développement personnel. Répondant entre autres à des objectifs de connaissance de soi et de valorisation des talents, celles-ci peuvent servir de déclencheur. Une autre approche consiste à faire régulièrement travailler ensemble des personnes issues de services différents, tout en encourageant les demandes d’avis à des collègues non impliqués dans les projets. Certains individus pourraient alors révéler des compétences atypiques et transférables totalement insoupçonnées.

Adapter son organisation interne pour faire de la place aux compétences atypiques

Une organisation d’entreprise trop rigide ne permet pas le développement des mad skills et n’attire pas les profils atypiques. Pour favoriser l’émergence des talents et séduire les personnes dotées de facultés hors du commun, il faut de la souplesse. Dans ce sens, les modèles hiérarchiques transversaux et flexibles sont plus adaptés. Un management assertif et participatif est également le bienvenu lorsqu’il s’agit de gérer les compétences rares. Misant sur la confiance et non sur la surveillance, toutes ces pratiques encouragent une dynamique positive de prise d’initiatives, de créativité et d’innovation en interne. Néanmoins, même s’il est essentiel de construire un environnement de travail permettant d’exploiter pleinement le potentiel des mad skills dans un contexte professionnel, il faut trouver le juste équilibre entre « ne pas brider » et « tout accepter ».

En effet, pour intégrer un collaborateur qui fonctionne de manière décalée, vous aurez besoin de faire des aménagements. Si vous n’êtes pas prêt à bousculer certaines habitudes et tentez de formater ce genre de recrue, vous n’en retirerez aucune valeur ajoutée. En revanche, il y a des limites à ne pas franchir. Dans une équipe, tous les membres ne sont pas hors-norme. Beaucoup de personnes sont performantes grâce à leurs compétences techniques et comportementales. Si vous souhaitez que la collaboration se déroule à merveille, ces dernières ne doivent donc pas avoir l’impression que certains collègues disposent de privilèges ou de passe-droits. Alors, faites quand même preuve d’équité et oubliez le « deux poids, deux mesures » !


Mad skills : le mot de la fin

Vous l’avez désormais compris : il n’est pas si fou de miser sur les compétences folles. Si celles-ci sont transposables dans votre contexte professionnel, elles peuvent apporter une énorme plus-value à votre entreprise. Néanmoins, n’en faites pas une obsession. C’est la rareté qui donne de la valeur aux mad skills. Si posséder un profil atypique devient la nouvelle norme au sein de votre société, tout le monde forcera le trait sur son originalité, au point de faire passer les hard skills et les soft skills au second plan. Et là, ce sera problématique pour vous !

Enfin, sachez que manager des salariés possédant des capacités hors du commun, ça se travaille. Chez Moortgat, nous proposons des formations sur le management et le mode collaboratif qui vous aideront à relever le défi. Alors, n’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations !


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